Rebondir. Accélérer en longeant les murs et en retroussant le menton. P'tite humidité dehors, frissons qui parcourent l'entièreté de mon corps de princesse sans château. Tous ces visages impassibles me rappellent à quel point l'optimisme et l'espoir rendent plus fort. Mon cou craque sous la masse de travail que m'offre cette généreuse rhétorique. Aux alentours de cinq heures, je m'empare du cliché sur la cheminée qui prenait les poussières depuis un an. J'remplace. Nouveau visage, ou presque. Un sourire qui s'élargit, des yeux qui se ferment d'allégresse. Et en face du bureau, j'accroche, j'colle ce qui ressemble bien à une sixième générale en folie. Des personnages hauts en déguisements farfelus, des bas collants multicolores, et des Ray-ban à chaque coin d'½il. Jeunes beaux couls ont amour à revendre, à travers leurs sourires commerciaux et leurs jambes qu'ils croisent dignement. C'est beau la jeunesse, les adultes à en devenir qui marchent lentement vers la maison dans le froid de novembre. Sale novembre annonce décembre, annonce stress en papier et oraux qui partent en confettis. Pas grave. L'angoisse, on aime ça. Ca personnalise, ça créé d'la population emmaillotée, ça invente ces adolescents inouïs qui s'noient, qui s'enfument, qui oublient. Sarcastique, j'aime croiser ces ignares. Prendre soin de leur lancer un de ces regards qui laissent dubitatifs, c'est extasiant. Et puis, bavarder un peu dans l'entrée de l'école avec un soldat à demi aux cheveux qui ont levé l'ancre, un crâne d'½uf au pull rouge aveuglant, un bigleux au c½ur d'or qui te conte fièrement ses périples militaires au préparatoire. Bon, d'accord, après cinq mois de silence, c'est tout aussi plaisant. Attendre. Attendre. Attendre le pote latino et l'enlacer affectueusement. Sauter dans ses bras, un tout petit peu. Néanmoins, en écoutant le tendre Fermin essayer de communiquer sa joie, j'avoue être ailleurs. Un peu là-bas, de l'autre côté de la limite d'horizon. Y'a les cigales autour qui chantent la fin de leur si apparemment interminable journée de six heures et moi, dans ma tête, ça danse. Hé ouais, on se refait pas, l'ami. C'est comme ça. C'est joli dans mon cerveau, ça plait à mes organes olfactifs. D'accord, ça n'a rien de concret. D'accord ce n'est que pensées qui divaguent. So what, c'est fantastique. Et les marrons fracassés au sol deviennent des magnolias. Et le p'tit ciel tout gris devient océan méditerranéen. Et puis encore l'amour autour de moi, l'amour qui souffle des bulles en coeur. Ca s'étouffe de tendresse, ça refait le monde en un regard partagé. Mon âme ne parvient pas en vouloir à ces cons de rêveurs. Ils ont d'l'amour pour trois, ce trop plein, ce reste qu'ils offrent au premier qui passe par là. Mafoi, pourquoi pas moi? Se faire le serment qu'un jour, l'entremetteuse deviendra papillon, elle aussi. Elle aura les ailes des amoureux, les couleurs des idylles et la bouche qui s'usera. Ses tripes danseront le mambo, ça cognera dans sa poitrine. Dieu seul sait qui sera son Tristan, son Spiderman, son Francis. Oui, j'aurai le ciel pour casquette, je serai la Calpurnia d'un Pline le Jeune et la Cléopâtre d'un César. Ca sera bien.



« Et moi ça m'éblouit. Je kiffe cet appétit imparable, insatiable, inaltérable. »

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 07:42

Pitt comprend alors qu'il s'agit d'un jeu.

Pitt comprend alors qu'il s'agit d'un jeu.


Les mains aux ressorts déglingués, les pensées dézinguées, les fils arrachés, le froid d'une carcasse dessoudée. Les lèvres aux paroles cabossées, le regard dévissé, les fils arrachés, le reflet désarticulé.


Eternelle frustrée. Madame gratte Full Moon, un peu honteuse. Ca va, ça va pas. Tel un artiste des rues, je jongle avec mes états d'âme. Bien sûr, il y a tout ça. Bien sûr que demain on y retourne, la bonne humeur dans l'sac et les sourires vissés. Bien sûr que je rangerai mes angoisses dans les tiroirs de la salle de bain. Et puis voilà. Y'aura nos corps qui s'affaleront un peu sur les chaises et les cancres retrouvés. Y'aura toute cette haine en conserve qu'on nous offrira à nouveau. Y'aura nos rires stridents qui dérangeront. Y'aura les claquages de bisous... ou pas. Petite semaine s'est étrangement terminée. Trop calmement, probablement. La nuit sera longue, très longue. J'redoute. En attendant, mon sarouel déambule un peu partout dans la maison, mes cent pas sont à la recherche d'un p'tit truc à mastiquer, à lancer dans les airs, à toucher du bout des doigts. C'est drôle. Le soleil et moi, on s'est regardé droit dans les yeux. J'ai pas tellement compris ce qu'il tentait de me dire, à travers la fenêtre. Dommage. Un peu déconfite, je suis sortie de la cuisine et j'ai continué mon marathon. Cette baraque est trop vide, trop froide. Dans cette baraque, y'a trop d'gens qui dorment l'après-midi, qui s'époumonnent devant la télévision sans raison ou qui remplissent, maussades, les bouteilles d'eau. Mon p'tit dimanche pue la vapeur du fer à repasser, l'amertume du week-end qui s'achève et les courses de moto à l'écran. Dommage. J'entends la nature qui m'appelle. J'entends l'herbe mouillée réclamer mes mains tremblantes. Non, j'viendrai pas te cueillir. Non, j'aime pas l'automne. Oui, j'préfère me morfondre dans les poussières du grenier. Et peu importe les éternuements et les odeurs de pieds : mon coeur bat plus sereinement ici qu'ailleurs. Pantouflarde jusqu'aux pantoufles, casanière jusqu'aux casernes. J'ai envie de chialer, ça fait longtemps. Mais ça occupe pas beaucoup, de pleurer. Ca trempe plus qu'autre chose... j'abandonne l'idée. Il ne me reste plus grand chose. Peut-être changer de peau? Trop feignante.
Peut-être fuguer? Trop froussarde. Bon Dieu, mais vous faites quoi de vos dimanches, vous?!


Moi, j'écoute ça... ça m'rend (lady) gaga.
I won't soothe your pain, I won't easy your strain... I got nothing for you to gain.

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 06:16

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 09:46

Cuentan que en Oaxaca, se toma el Mezcal con café...

Cuentan que en Oaxaca, se toma el Mezcal con café...

# Posté le samedi 07 novembre 2009 10:54

Nos polis ébats amicaux.


C'est vrai qu'j'ai l'coeur qui flanche pour quedal. C'est vrai qu'en réécoutant Brel, je vibre. Et la revoir, c'était un peu comme ressurgir de l'eau après cinq jours d'apnée. Pour elle, j'ai peint le peu d'ongles qu'il me restait, et j'ai oublié mes maux de ventre. J'ai enseveli dans un coin de mon cerveau mes contrariétés passagères, j'ai offert aux habitants de Braine ma plus belle démarche, j'ai foncé le coeur battant vers ce café que j'idolâtre tellement. On a un peu parlé de Bordeaux. Un peu beaucoup. La voir fondre en larmes, ça m'a brisé en deux, comme toujours. Un baiser posé sur sa joue humide, je l'ai entendue ravaler courageusement sa salive. Retombée sur ses pattes, elle m'a conté son week-end haut en surprises et mouchoirs usés. Je me suis laissée joyeusement imprégnée de ces dires, en sirotant mon thé. Je l'ai quittée dans l'obscurité. La fraîcheur paralysante m'a convaincu d'opter pour le chemin le plus court. Dommage. C'est toujours le temps qui vient à nous séparer, j'ai remarqué ça. Et j'ai à nouveau mes fesses posées ici, j'ai pourtant encore tellement de choses à terminer ou à commencer. C'est moche. Mes yeux piquent, mes yeux gémissent.
Pourvu que la soirée soit apaisante. Ne soyons pas égoïste : pour moi comme pour vous. Embrassades.


C'est Des Coups A Vous Faire Des Armées D'Impuissants.
Nos polis ébats amicaux.

# Posté le mardi 03 novembre 2009 11:13

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 12:24

Hey, Mister Tambourine man, play a song for me!

Hey, Mister Tambourine man, play a song for me!
Y'a comme quequ'chose de beau et triste à la fois. Traverser toute cette nature qui crève, c'est cruellement magique. T'ignore encore si ce sont les couleurs de ces pauvres arbres ou la vitesse de la bagnole qui te transpercent de la sorte. En fonçant vers une ville que tu ne connais que trop peu, y'a ton coeur qui s'accélère. Ou pas? Question de point de vue. Mais le froid, j'aime pas ça. Tout ce show pour si peu, toute cette laine ultra lourde, ça m'agace. Sinon, joli endroit qu'est la ville des rouch. Sympathique gare, impressionant centre commercial. Toute cette lumière, c'est plaisant, ça chatouille les yeux. Mais toutes ces fourmis humaines, c'est un peu plus emmerdant. Et ça bouscule. Et ça marche à tout va. Et ça te crève presque le pied de ces talons surdimensionnés. C'est rigolo, vu d'en haut. Ca l'est moins une fois le rez-de-chaussée atteint. Un autre monde qu'est la ville des rouch. Des rues au look bruxellois, un accent qui te fait tourner la tête. Tu oublies vite d'où tu viens, là-bas. Tu t'sens chez toi, mafoi. Une crêpe rapidement engloutie, te voilà repartie. Tu regardes la lune, cette garce qui te nargue là-haut et nage avec délectation dans son bel océan d'encre. Elle pourrait bien te prêter sa place, juste une seule nuit... mais non, elle préfère rire de ton sort et changer de tenue chaque jour. Qu'il en soit ainsi, il fait beau aussi en bas. Fait calme dans mon vaisseau. Paisible journée. Gentille fatigue. Petite nausée qui dérange. C'est les vacances alors je ris. J'écoute ce qui me passe sous la main, c'est de temps à autre tout aussi cool que de faire sa difficile. Je lis Shakespeare, je chante espagnol. Le monde est dans ma maison. Je rumba, je poissonne, j'démissionne de ma triste pensée. A quoi bon s'énerver quand on a tout le temps de profiter? A quoi bon se concentrer sur un bien triste travail lorsqu'on a des heures libérées? Oh, je fais ma glandeuse. Oh, c'est bon. J'tournoie un peu, parce que j'ai redécouvert le plaisir de faire s'envoler le tissu comme bon me semble. J'attends mercredi. J'attends le sourire, les belles et tendres expressions franscionnes. Embrasser sa joue et l'écouter attentivement. Je n'ai besoin que de ça. Des bisous. ........Amusez-vous.

# Posté le lundi 02 novembre 2009 13:37

Modifié le lundi 02 novembre 2009 14:53